Site non médical de soutien, d'écoute et de conseils dans le cadre de la difficulté maternelle
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Bienvenue sur www.maman-blues.org

Le site consacré à la Difficulté Maternelle

URGENT : le site de MAMAN BLUES fait peau neuve début 2010

Chers membres, chers correspondants, chers amis,

Le site de www.maman-blues.org a vu le jour début 2004 et depuis sa fréquentation n'a cessé de s'accroitre.
Aujourd'hui ce site a vieilli techniquement et esthétiquement et son forum de discussions sera bientôt saturé.

Afin que notre association puisse continuer à bénéficier de l'outil Internet, nous avons le plaisir de vous annoncer qu'un nouveau site verra le jour, notre nouveau forum est d'ores et déjà ouvert !.

Pour le site d'informations, dans un premier temps, les textes informatifs de l'ancien site seront repris tels que et seront remaniés progressivement.

Concernant le nouveau forum : seules les discussions les plus récentes et actives seront reprises manuellement (en copier/coller) : titre et l'auteur de la discussion + ensemble des messages associés.

Pour participer, il vous faut vous réinscrire comme nouveau membre (avec le même pseudo que dans l'ancien forum de préférence, pour être reconnu).

Un lien permettra l'accès à l'ancien forum de discussions, mais en lecture seule. Il ne sera plus possible de réactiver une discussion, comme il ne sera plus possible d'avoir accès à ses messages privés.

Toute l'équipe de Maman Blues a bien conscience des désagréments et des changements que ce transfert va provoquer, mais il est essentiel de changer très rapidement de site pour que nous puissions continuer à vous informer, vous soutenir et faire connaître et reconnaître la difficulté maternelle.

Pour toutes questions concernant ce nouveau site : association_maman-blues@voila.fr

Pour le Bureau
Nadège Beauvois Temple
Coprésidente de MB

"On ne naît pas mère, On le devient...C'est un long parcours qui retrouve un trésor laissé de côté depuis l'enfance, constitué pendant l'enfance : la mère est un secret d'enfance." Jean-Marie Delassus


Évènement éminemment physiologique, la Maternité s'accompagne également de remaniements psychiques qui changent radicalement l'être de la femme.
Devenir mère est un voyage intérieur, un retour en soi qui s'accompagne parfois de bouleversements sensibles et imprévus.
C'est une traversée d'une rive à une autre, d'une femme à une mère qui peut prendre du temps et nécessiter un accompagnement spécifique.

Nous avons donc souhaité que les aléas émotionnels et psychiques de la maternité ne restent pas sans avoir eux aussi un lieu d'expression et de partage, en complément de leur nécessaire accompagnement par les services de santé.

Une femme sur 10 serait touchée par ce tremblement de mère !

Avertissement : ce site ne saurait en aucun cas se substituer à un avis ou suivi médical.
www.maman-blues.org se place résolument du côté des mères et des parents, dans un esprit de soutien, de solidarité et de partage de leur histoire et leurs souffrances.
Les conseils ou adresses que nous pouvons être amenés à formuler dans le cadre des échanges sur notre forum de discussions ne peuvent remplacer ceux émis dans le cadre d'un suivi médical.


Hommage et Remerciements


Notre expérience de la difficulté maternelle ainsi que notre volonté de témoigner de cet évènement n'auraient sans doute jamais pu à elles seules, donner naissance à ce site et à son association. C'est en puisant dans la force et l'évidence de certaines rencontres que nous avons pu créer Maman-Blues.

Toute notre reconnaissance donc :
  • Au docteur Jean-Marie Delassus, Chef du Service de Maternologie de Saint Cyr l'Ecole (78) et à son équipe
  • A la journaliste Elsa Margout pour son reportage "Maman blues" dans Envoyé Spécial diffusé le 23 octobre 2003
  • Au journaliste Serge Moati pour son reportage "De mères en filles : bonne fête maman", diffusé en mai 2002

Nous souhaitons également remercier tous les auteurs dont les ouvrages et interventions sont, pour nous, source d'inspiration et de réflexions lors de la rédaction des différentes rubriques de Maman-Blues.
Trop nombreux pour être mentionnés à chaque fois, nous vous invitons à les retrouver dans la rubrique "Livres" du site.

"Quand me vient l'envie, qui me prend de temps à autre, de prélever dans mes lectures une phrase, quelques mots, une image ? Quand j'ai l'impression de rencontrer, nettement formulée, une idée autour de laquelle je tournais sans avoir pu l'énoncer et voici que cette idée me revient sous la plume d'un autre comme une évidence, une de ces évidences que parfois le rêve vous procure. Il me faut les mots d'un autre, venus d'ailleurs, pour relancer le mouvement qui me fera, avec un peu de chance, trouver les miens." (J. B. Pontalis)



Mère - Maternité - Difficulté Maternelle : Méconnaissance et Réalité

Mère et Maternité : Des certitudes et évidences trompeuses

"Parfois les mots ne suffisent pas à rendre compte de la nature réelle de ce qu'ils recouvrent." (Nathalie Sarraute)


Maternité : état, qualité d'être mère.
Mère : femme qui a mis au monde ou qui a adopté un ou plusieurs enfants.

Ainsi Maternité et Mère sont systématiquement définies de manière tautologique dans le dictionnaire : la Maternité étant le fait d'être Mère et celle-ci étant à son tour caractérisée par la première, chacune des définitions se retrouvant renvoyée à l'autre, sans plus de détail ni de nuance...

Quoi de plus simple alors que de déduire et de comprendre qu'être Mère et l'éprouver, c'est mettre physiquement au monde un enfant ou en adopter un ?
La Maternité ne serait que le résultat logique et assuré d'un processus biologique (fécondation, gestation et accouchement) ou d'une démarche d'adoption. Son approche et sa compréhension se faisant d'une manière générale, en fonction de critères et d'attentes conformes aux règles morales, sociales et culturelles du moment et du lieu.
Est-il nécessaire alors d'aller au-delà de ces postulats pour savoir de quoi il en retourne ?
Il y a comme une compréhension spontanée par rapport à la Maternité, comme un accord tacite et satisfaisant à son sujet. On sait de quoi on parle parce que cela se voit ou se donne à voir.
La Maternité ou l'état d'être Mère s'impose d'emblée, sans qu'il soit besoin de questionner ou de débattre de sa nature et de son fonctionnement.
De manière "unanime", la Maternité est une compétence innée chez la mère (avec la notion d'instinct maternel) et son domaine de connaissances, un acquis maîtrisé et immuable de notre condition humaine. Et le sentiment maternel se confond avec l'amour maternel qui se doit d'être indéfectible.

Pourtant, en cas de Difficulté Maternelle, les choses peuvent se compliquer lorsqu'il convient pour des raisons évidentes de prise en charge et de diagnostic d'accompagner une femme qui se sent dans l'incapacité de répondre aux besoins de son nouveau-né, qui ne ressent pas ou peu d'élan pour lui ou bien qui se sent déchirée par les sentiments d'amour qu'elle éprouve pour lui...

Sauf à se réfugier, comme on l'a fait longtemps derrière des considérations naturelles et morales (absence d'instinct maternel, mauvaise mère), physiologiques (dysfonctionnement hormonal), génétiques (théorie de l'attachement génétiquement programmé chez la mère et l'enfant de John Bowlby), ou bien encore à évoquer un éventuel épisode de dépression ou de psychose puerpérale, on se retrouve devant une impasse.

La Maternité n'a plus alors ce caractère naturel et automatique qu'on lui attribue d'habitude et on aura quelques difficultés à saisir ce qui se passe et tout d'abord à admettre qu'il puisse en être autrement.

Tout au plus accordera-t-on aux mères quelques atermoiements du fait de leur histoire personnelle ou de l'incontournable et universel épisode du baby blues. Mais passés les premiers instants d'incompréhension stupéfaite (et indignée ?), la volonté de remédier au plus vite à ces égarements maternels se mobilisera et avec d'autant plus de vigueur et de célérité que l'évènement inquiétera et déstabilisera l'entourage et le corps médical.
Le temps n'est-il pas venu de reconsidérer et d'explorer la dimension réelle de la maternité ainsi que les fondements du désir d'enfant ?
Le nombre de difficultés maternelles (plus d'une femme sur dix) suggère que le désir d'enfant tout aussi profond et ancien qu'il puisse être et sa mise au monde ne sont pas automatiquement suivie d'élan et/ou l'amour envers lui.


La Maternité Psychique, le versant ignoré : le continent noir de la femme

"La Maternité n'est pas seulement liée à la reproduction, Mais au désir, Elle ne vient pas du hasard mais du rêve, Elle accomplit l'existence de l'homme et ne se limite pas à la procréation" (Jean-Marie Delassus)


Longtemps, la croyance lénifiante en un instinct maternel a suffi à expliquer et justifier les relations qui liaient la mère et son enfant.
Cette explication relativement sommaire avait cependant le mérite de rassurer les femmes (au moins le temps de la grossesse) et de ne pas aborder d'emblée la maternité du côté de l'inconnu et de l'incertitude : les femmes se sentant sans doute moins démunies
, nanties de ce passeport naturel pour aborder ces rives inconnues...

Hélas, en cas de difficulté maternelle, le revers de cette croyance les précipitait encore plus brutalement dans la déception, la désillusion et la panique : la réalité de la rencontre avec leur enfant les prenant de court dans tout ce qu'elles pensaient savoir et maîtriser jusqu'ici de ce moment de leur vie.

Le caractère physiologique de cet évènement rend insuffisamment compte de la nature et de la spécificité de la maternité humaine quand il ne le masque pas tout simplement : tel un iceberg, la partie immergée de la Maternité (c'est-à-dire ce qui suffit en général à la définir : à savoir, la grossesse, la mise au monde, la mère et l'enfant dans les bras l'un de l'autre) se trouve dotée d'un fondement psychique.
Ce fondement qui émarge aux processus inconscients relève d'une genèse * qui s'origine dans notre histoire prénatale et qui se construit tout au long de notre enfance.

* Selon certains courants psychanalytiques et cliniques, ce versant ou processus psychique est désigné sous les termes de :

  • Maternogénèse (Maternologie) : trame de la maternité psychique qui s'élabore de la vie prénatale à l'enfance, composée de quatre stades correspondants aux quatre fantasmes originaires relevés par la psychanalyse : expérience de l'originaire avec sa mère, puis rupture du syncrétisme (séparation de la mère à l'initiative de l'enfant), auto-attribution du maternel (la petite fille reprend à son compte la possibilité d'avoir un enfant dans l'avenir), puis confirmation par le père (reconnaissance tacite de ses futures compétences maternelles par celui-ci). "Le sens de la maternité" aux éditions Dunod de Jean-Marie Delassus.
  • Maternalité : expression de Racamier emprunté à l'expression anglaise : motherhood 1961 : c'est l'ensemble des processus psychoaffectifs qui se développent chez la femme à l'occasion de la maternité, genèse de la maternité, fruit d'un processus complexe qui commence dès le premier âge dans les relations du bébé fille avec sa propre mère et qui se poursuit dans la manière dont est vécu le conflit oedipien et la valorisation que le père apporte à sa fille future mère (Bernard Durand- Société Marcé Francophone).

  • Selon Monique Bydlowsky dans "Je rêve un enfant" : la maternité se construit en 3 étapes, selon 3 composants psychiques dont l'enfant arrive au point de convergence : s'identifier dans un premier temps comme la mère du début de la vie, puis s'en détourner, s'en détacher et désirer avoir un enfant du père (comme la mère), plus tard le désir sexuel éprouvé pour un autre homme que le père lui permettra de tenter de réaliser la synthèse de ses désirs anciens en un projet d'enfant.



Sous-estimation de la difficulté maternelle en France
Chaque année, une femme sur 10 serait victime d'une difficulté maternelle.
Soit 80 000 femmes tous les ans dont l'identité maternelle* sera fragilisée voire compromise.


La difficulté maternelle est donc un problème de santé publique qui doit interpeller la société par la fréquence, la gravité et la durée de ses effets sur les mères, leurs enfants et leurs proches.

Nous avons de bonnes raisons de croire que ces statistiques ne sont pas le reflet de la réalité :
D'abord parce que les moyens de prévention et détection de ce problème de santé sont limités et variables dans leur critères d'approche et de déduction et qu'ils ne s'attachent pour la plupart, qu'au recensement des dépressions du post-partum ou des exceptionnelles psychoses puerpérales. Sont écartées de ce fait, d'autres formes de difficulté moins "flagrantes" : maternités dites formelles où la mère recouvre sa propre défaillance en s'absorbant dans un maternage sans discontinu, bébés dont le développement stagne...
Ensuite parce qu'une majorité de femmes n'en disent rien par honte et/ou ignorance de ce qu'elles vivent.
Comment alors considérer ces chiffres comme fiables et pouvant servir de base de réflexions et d'actions ?

Les mères que la maternité va mener jusqu'au vertige sont certainement bien plus nombreuses que ce que les statistiques nous en disent. Nombreuses aussi sont celles qui s'attendent à ce que l'amour maternel qui doit les envahir à la naissance, vienne régler tous les problèmes d'adaptation et de relation avec leur bébé. Elles abordent leur maternité avec la tête pleine de notions entendues et assénées avec certitude - instinct maternel, amour maternel, devoir maternel - et se découvrent trop souvent le coeur vide et en attente de toutes les émotions qu'elles s'attendaient à ressentir...
Il leur faudra faire le deuil de leurs rêves et idéaux de maternité aux couleurs d'image d'Épinal, véhiculés par les médias et la société.
La venue au monde d'un enfant peut les faire réellement trembler et s'effondrer et les amener à douter de leur capacité de don et d'amour.

* Cette identité maternelle se construit et se consolide pendant les deux ou trois premières années de l'enfant d'où la nécessité de poursuivre tout accompagnement bien au-delà de la simple disparition des symptômes d'anxiété et de dépression chez la mère...



Les facteurs de méconnaissance de la difficulté maternelle Maltraitance des mères

"Le fait d'être mère est un acte humain, avec ses particularités et sa liberté" Pascale Rosenfelter


Plusieurs facteurs contribuent à faire de la difficulté maternelle, un drame humain qui se joue dans l'ombre. Nombreux et insidieux sont les "fossoyeurs" de l'élan maternel...
  • Considérer la maternité comme étant une disposition naturelle et affective de la femme que celle-ci peut et surtout doit assurer, constitue l'un des premiers facteurs de cette méconnaissance. Il faut dénoncer ce carcan moral et social qui ordonne que nous soyons toujours au rendez-vous de notre maternité.

  • Le silence obligé qui accompagne ces moments difficiles : les mères répugnent à évoquer leur difficulté ou leurs doutes et voient parfois dans l'acceptation stoïque de leurs souffrances comme le prix à payer pour leur indignité maternelle. La crainte en particulier de se voir retirer leur enfant peut sceller les lèvres des plus "audacieuses".

  • La confusion et l'opacité qui président au niveau médical pour désigner les troubles de la maternité psychique : déprime, blues, dépression.... Ces termes font de ces remontées de soi, de banals incidents de parcours répertoriés et étiquetés. Ils lissent l'éprouvé des mères et ne visent qu'à mettre en place les moyens de juguler aux plus vite les effets de leur détresse.
    Pourquoi circonscrire toute la complexité et la diversité de cette difficulté en la réduisant à quelques termes largement médiatisés auprès des femmes ?
    Que disent-ils de leur histoire, de leurs impressions, et de leurs craintes les plus folles ?
    Que disent-ils de la maternité humaine et du devenir mère ?

  • Le soin et l'attention portés à ces comportements maternels sont essentiellement réduits à des préoccupations d'ordre social sous couvert d'une politique de prévention de la maltraitance.
    On ne souhaite voir, entendre et intervenir que sur les aspects sociaux et moraux de la difficulté maternelle : chômage, précarité, mono-parentalité, jeunesse de la mère, comportements dérangeants ou inquiétants pour l'ordre publique...
    On escamote ainsi, derrière l'attention et le temps que l'on consacrera à résoudre les vicissitudes de la vie quotidienne de ces mères, ce qu'il signifie sur un plan humain.
    Comme si la société se sentait davantage autorisée (et sécurisée) à agir dans ces domaines plutôt qu'à oser s'aventurer dans le registre des émotions maternelles : pudeur, désintérêt, peur de l'engagement... ?
    Comme si elle avait le presentiment que sonder les profondeurs de la maternité la renverrait à quelque chose d'insupportable à gérer: le monde serait-il encore le monde tel qu'on s'obstine à vouloir le bâtir et le maintenir après un tel voyage ? L'ordre du monde ne peut donc voir que des troubles dans la difficulté maternelle et abandonner les mères à leurs remous psychiques sauf celles qui ne présentent pas les garanties morales et comportementales "suffisantes" à ses yeux.
    "Nous ne pourrions souffrir que les femmes disent la vérité. Nous ne pourrions pas le supporter. Cela causerait une souffrance infinie, amènerait les plus effroyables bouleversements dans ce paradis illusoire assez médiocre, mais cependant idéaliste, dans lequel chacun d'entre nous vit sa propre petite vie" (Joseph Conrad)
    Elles seront alors ces mères le centre d'attentions tronquées car soupçonneuses à leur égard et l'objet de mesures concrètes visant à réguler leur comportement. Les problématiques sociales constitueront l'unique clignotant de la difficulté maternelle et les services en charge de ces difficultés préféreront se focaliser sur les carences évidentes des situations parentales : leur précarisation sociale, leurs fragilités psychologiques manifestes ou leurs états psychiatriques avancés...
    Et c'est muni des meilleures intentions du monde, avec comme souci exclusif la santé et le devenir du bébé (et en toile de fond la peur omniprésente d'un risque de maltraitance), qu'ils déploieront à leurs égards énormément de moyens pour "normaliser" les situations et les attitudes.
    Cette manière d'appréhender la maternité nous semble particulièrement abusive et maltraitante vis-à-vis des mères puisque l'on se préoccupe essentiellement de leur apparence sociale et de leurs comportements.
Ces mesures essentiellement d'ordre pratique pourront avoir des effets iatrogènes et contribuer à les fragiliser. En effet leur mise en place s'appuie exclusivement sur leurs présupposées incapacités à faire face aux évènements de leur vie(pas de virgule) et sur leurs possibles défaillances à l'arrivée du bébé. Il s'agit alors bien plus de les éduquer en leur apprenant à s'occuper de leur enfant ou de les enjoindre à réfléchir à la place qu'elles sont prêtes à lui offrir plutôt que de les inviter à rencontrer en elle le bébé qu'elles furent et les accompagner dans l'émotion qu'elles vivront tout au long de la grossesse et surtout après l'accouchement.

Comme s'en émeut Françoise Molénat dans son livre "Mères vulnérables" :
"Le risque de maltraitance est un concept assez flou qui a le mérite d'émouvoir mais l'inconvénient de cibler les parents comme coupables , chaque intervention dans un but de prévoyance se fonde sur l'existence de carences donc sur les aspects de manque et de limites"


La médicalisation pédiatrique des effets de la difficulté maternelle sur le bébé entretient également cette méconnaissance de la maternité. Alors que l'enfant est dans les premiers mois de sa vie comme "un psychisme branché" en permanence sur sa mère et constitue avec elle une véritable entité clinique, ses problèmes de santé sont rarement attribués à une possible souffrance maternelle sous-jacente.


Pourquoi un tel site ?

"Personne ne se choque qu'un insuffisant rénal nécessite des soins permanents. Pourquoi l'insuffisance affective ne bénéficierait-elle pas du même traitement de longue durée pour qu la vie psychique l'emporte ? (Françoise Molénat, "Mères vulnérables")


Afin de pallier le manque d'information donnée aux parents et futurs parents.

Afin de témoigner librement de notre vécu maternel, sans être jugées, suspectées de maltraitance, "psychiatrisées" par le diagnostic qui ne manquera pas de baliser nos attitudes ou encore sans être interrompues par quelques consolations hâtives et maladroites. Impensable et inconcevable chez celles qui en sont victimes, la difficulté maternelle est de l'ordre du traumatisme et du tabou. Elle opère un véritable hiatus dans la vie de celle qui y est confrontée. Nous pensons donc que les témoignages peuvent être à la fois pédagogiques et thérapeutiques.

Témoigner c'est tenter de donner du sens à l'insensé et une réalité à ce qui semblait n'être issu que de son imagination ou de sa folie. Mais pour cela, il faut se convaincre ou se laisser convaincre que cela puisse intéresser l'entourage et avoir la certitude qu'il est à même d'entendre et de respecter nos confidences. Témoigner ne devient possible qu'à partir du moment où on dispose de mots suffisants et adéquats pour le faire. La difficulté maternelle confinant au mutisme, on puisait jusqu'à présent dans ce que l'on avait entendu ou interprété (baby blues, dépression, fatigue, bébé exigeant...). Elle bloque dans un premier temps le travail d'élaboration et de verbalisation et Il y a comme un décalage entre ce qui est ressenti et ce qui peut être verbalisé. Aussi en partageant sur un site de discussions ce qui est trop lourd, il devient possible de se relier à nouveau aux autres et de retrouver une unité, une cohésion et une cohérence à l'endroit même où la difficulté maternelle n'avait laissé que morcellement, désolation et désespoir.
En parler publiquement, c'est aussi faire le pari de faire exister cet autre visage de la maternité dans l'esprit de tous.
  • Pour inciter les femmes à prendre la parole en dehors du cadre médical ou thérapeutique (qui peut involontairement les maintenir dans un climat de maladie).
  • Afin de l'inscrire dans notre trajectoire de vie et se réconcilier avec ce moment de notre existence : au-delà de la souffrance et du sentiment d'injustice peut se vivre une expérience humaine fondatrice. La maternité même chez celles qui en sont dans un premier temps comme "effractées" ; révèlent les ressources extraordinaires et insoupçonnées que chaque femme possède en elle.
  • Afin d'alerter les pouvoirs publiques : on ne peut plus se satisfaire et se féliciter de ce que "la mère et l'enfant aillent bien" physiquement après un accouchement et raisonner uniquement en termes de sécurité physiologique *.
    Le bien-être psychologique des femmes devenant mère doit être pris en compte, ne serait-ce que pour répondre aux impératifs de prévention de la maltraitance infantile et la prise en charge qui en découle doit être spécifique, c'est-à-dire ne doit jamais porter atteinte dans les diagnostics et soins proposés à l'intégrité et l'identité maternelle.
    "Une maternité c'est comme un rendez vous d'amour. Comment une femme peut-elle s'y rendre si elle sent que son identité maternelle est disqualifiée, non seulement pas elle-même mais aussi par le jugement des autres ?" Véronique Boureau Louvet (Psychanalyste - Unité de Maternologie).
    Dans un monde où on ne veut plus que du prêt à l'emploi, du prêt à légiférer et à appliquer(pas de virgule)et bientôt hélas que du prêt à penser, il devient urgent d'avoir une vision plus large et à plus long terme du suivi en maternité.
  • * Les conditions d'accouchement elles-mêmes, sont à revoir dans une optique de respect de la physiologie du corps de la femme et de son choix en matière de suivi...

  • Afin de réclamer des soins et une écoute spécifiques, propres aux difficultés de la maternité psychique inconsciente. Il n'est pas acceptable que nos souffrances soient systématiquement résumées / réduites et évacuées sous les expressions aseptisées de : baby-blues et dépression du post-partum. Ils banalisent les effets de cette difficulté et ne reflètent en rien l'éprouvé des mères en souffrance.
  • Pour demander des moyens humains et hospitaliers plus nombreux : seulement 60 lits pour 80 000 personnes touchées en France, quand le dérisoire côtoie l'énormité, on peut parler de scandale. Peu ou prou d'informations données à ce sujet pendant la période prénatale et postnatale, aucun numéro vert d'appel *, peu de lieu de paroles en dehors du cabinet du psy. La prise d'anti-dépresseurs et/ou d'anxiolytiques constituebien souvent la seule mesure thérapeutique envisagée et offerte.
    L'obstétrique mentale se retrouve escamotée au profit de l'obstétrique physique. Pourtant sa nécessaire thérapeutique, lorsque l'on se retrouve bien au-delà de "l'écume du bouleversement émotionnel normal de la maternité" (Jacques Dayan), devrait être à la hauteur des enjeux de la naissance d'un enfant.
  • * Il y a quelques années, la Fondation pour l'Enfance en partenariat avec la Maternologie avait mis en place un numéro d'appel pour aider et conseiller les mères après une naissance. Faute de financement nécessaire, il fut suspendu au bout de quelques temps.

  • Pour souligner le manque de formation - essentiellement axée sur la maternité obstétricale et sa finalité, l'accouchement- et de sensibilisation des professionnels de la santé.
  • Afin de les encourager à collaborer entre eux - au-delà des différences de clinique, d'approches et de conception de ce problème de santé - et les inviter à engager un dialogue soignants / soignés. La période de la grossesse et du post-partum immédiat constituent autant de fenêtres thérapeutiques propices à la mise en place d'un soutien et d'une écoute auprès des mères et futures mères.
    Il est à regretter que les professionnels n'aient pas toujours la formation adéquate pour contenir les souffrances ou difficultés sortant du cadre habituel de leur pratique, pour travailler à se libérer de la peur omniprésente de la maltraitance et de l'infanticide et à pratiquer une asepsie des mots les moins blessants lors des consultations.
    Notre médecine si compétente pour aider les femmes à mettre leur enfant au monde saura-t-elle aussi les accompagner dans leur "devenir mère" ? C'est un souhait à formuler...
  • Pour rappeler : qu'être mère va bien au-delà de mettre son enfant au monde, de lui assurer des soins de maternage et même dans une certaine mesure de l'aimer...Devenir mère relève essentiellement d'un acte psychique, "qui prend appui et transforme le sentiment qu'éprouve la femme de sa propre identité" (Jacques Dayan). Devenir mère c'est aussi le moment de retrouvailles et parfois de confrontations avec son propre vécu de nouveau né, avec le fond de soi, son origine. Ignorer ou refuser cette "piqûre de rappel" de ce qui nous constitue dans "le fond", ontologiquement, peut nous effondrer, nous amener au bord d'un gouffre comme "projetée dans une rupture de soi, dans une crise interne de soi et de tous ses rapports au monde..." (Jean-Marie Delassus).
    Afin de rappeler qu'être mère c'est également assurer et accompagner la naissance psychique de son enfant. C'est être son premier "correspondant natal", c'est-à-dire celle qui à travers sa présence, sa constance et sa sérénité, l'accueille dans toute sa complexité et sa formidable demande, laquelle peut paraître parfois démesurée et effrayante.
    De quelle nature sera cet accueil en cas d'une difficulté maternelle ? C'est toute une dimension humaine, viatique indispensable pour se développer, qui est susceptible, de ne pas être ou alors partiellement, transmise à l'enfant.
  • Afin de ne pas être écartées "intellectuellement" de ce que nous pourrions vivre par ce même monde médical, tout autant attentionné et prévenu de nos difficultés qu'il puisse être.

Pour toutes ces raisons www.maman-Blues existe

Ce site, enfin, pour se réapproprier ce qui un jour nous a échappé !

A qui ce site s'adresse-t-il ?


La maternité n'est pas individuelle mais collective et à ce titre de nombreuses personnes sont susceptibles d'être touchées par la difficulté maternelle.

Une mère qui souffre et s'épuise à créer un lien avec son enfant ou qui se retrouve débordée par ses sentiments, pourra difficilement retenir et contenir ses émotions et son mal être...
Et si elle y parvient seule, quel en sera le prix à payer ? Cette situation ne sera donc pas sans conséquence pour ceux qui vivent à ses côtés : son enfant tout d'abord, mais aussi son mari / compagnon, ses autres enfants, sa famille, ses proches...
Jusqu'au médecin pouvant être fréquemment consulté.

TOUS vivent ce tremblement de mère !

Aussi êtes-vous invité à parcourir cet espace avec la plus grande attention et précaution :

"Car le monde de la maternité est un monde d'ombres et de lumières à la fois fragiles et frissonnantes qu'il ne faut toucher que du bout des doigts".



À l'origine de ce site


Une rencontre d'abord virtuelle (sur un site de discussions) entre deux femmes ayant vécu de manière différente une difficulté maternelle : l'une dans la solitude et le silence, l'autre dans le cadre contenant et adapté d'une unité mère-enfant (la Maternologie de St Cyr dans les Yvelines).

Au fur et à mesure de nos échanges, nous sommes tombées d'accord sur deux choses : il fallait témoigner à voix haute pour sortir du traumatisme des souvenirs.
Et ces témoignages pouvaient pallier le manque d'informations et de conseils donnés aux femmes et à leur entourage.

Peu de choses existaient à ce niveau, hormis ce qui était diffusé jusqu'à présent par le monde médical. Pas d'association, de groupe de parole ou de forum Internet émanant directement de femmes ayant vécu cette expérience. La difficulté maternelle semble être un sujet qu'une fois dépassé, on désire oublier au plus vite : honte, culpabilisation, peur de ne pas avoir tout vécu encore, crainte de se fragiliser à nouveau en évoquant ces souvenirs... ?
Mais au vu des témoignages qui affluent, il semblerait que ce soit un obstacle facile à franchir, dès lors que le mouvement est enclenché.

Il existe bien sûr des soins et des lieux de paroles professionnels, mais à l'instar d'autres problèmes de santé publique rien à ce jour n'a encore été fait en France pour que les femmes puissent en parler entre elles, se conseiller, s'informer et se soutenir.

Nous nous sommes donc lancées dans l'aventure et ce site se construit tout doucement autour de ces souhaits.


Le nom et le logo


En hommage à la journaliste Elsa Margout qui a consacré tout un reportage du même nom sur la difficulté maternelle et qui est passé sur Envoyé Spécial le 23 octobre 2003.

Le logo s'inspire de la façon caractéristique dont les femmes enceintes entourent et protègent leur ventre de leurs mains : les accompagner dans les bouleversements de leur grossesse et de leur maternité, les informer de ces aléas et leur apporter notre soutien sont là nos souhaits les plus chers.


L'Association Maman Blues et le site


L'association est née de la volonté de plusieurs participantes du forum de discussions.
Sa nécessité s'est précisée tout naturellement au fil des échanges et des rencontres.
Elle est le corollaire du site et son ouverture dans l'action et la médiatisation de ce problème de santé.
Elle partage avec lui le même engagement, les mêmes préoccupations et vision de la difficulté maternelle ainsi que le souci de faire de cet évènement, un état humain et légitime.
Tous deux souhaitent dépasser le côté médical et pathologique de ces émotions de Maternité.

www.maman-blues.org est également le fruit d'une réflexion et d'une recherche menée par l'une d'entre nous et peut parfois ne pas répondre aux mêmes critères d'objectivité et d'indépendance morale, clinique et philosophique que l'association.
Certains passages reflètent une approche clinique spécifique de la difficulté maternelle :
Cela est volontaire et correspond à l'expérience que l'une d'entre nous a pu faire de sa difficulté maternelle.

Les textes que vous découvrirez au fur et à mesure ont été rédigés par betty_blue, relus et précisés par Liane, mis en ligne par iki et sont à la disposition de l'association et de ses actions.

Erreurs, approximations, informations incomplètes sont possibles...
Le site essaie régulièrement de se mettre à jour et de vérifier la source de ces informations, en cas d'inexactitudes, l'association ne peut en être tenue pour responsable.
Merci de bien vouloir nous signaler les erreurs que vous y trouverez et de nous faire part de vos suggestions.



 
 
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